"ROUTE DES OTAGES"

4ème étape: Les Essarts le Roi à Paris Trocadéro

________________________________________________

Dimanche matin. Alberto Munoz nous a rejoint avec son équipe pour filmer les temps forts de cette dernière journée et nous nous rassemblons à nouveau avec les élus dans la cour de la Mairie avant le départ.

Départ de la Mairie sous la protection de deux solides et magnifiques chevaux de trait, le rythme convient parfaitement à notre camarade belge.

Nous nous dirigeons ensuite vers la Mecque des cyclos parisiens, la Vallée de Chevreuse où le facétieux Jean Paul donnera toute la mesure de son humour en égarant Sylvie sur des routes escarpées (galère à la montée, galère à la descente) pendant que le groupe attend quelques hectomètres plus loin.

Dans la côte de Saclay, le Galibier ou le Tourmalet de notre périple, une famille colombienne s'arrête, très émue, pour nous encourager… ce qui fait chaud au cœur.

A l'approche de Paris, François nous quitte pour rejoindre le Trocadéro et préparer les lieux avec les collègues parisiens. La navigation devient plus difficile aussi nous dégradons Jean Paul qui d'ouvreur se retrouve voiture balai.

Nous espérions la présence au bord de la route et l'appui moral d'un chanteur résidant dans les parages et qui fût jadis notre meilleur soutien. Las, il ne se libère pas pour nous encourager et nous traversons Meudon à fond de pédales et l'âme en berne.

La Tour Eiffel s'approche, juste avant de traverser la Seine nous nous arrêtons pour que Sylvie fasse ses adieux à l'escargot qui part au rechapage et nous déployons la bannière colombienne pour les derniers kilomètres… objectif : éviter la gamelle ! Les forces de police sont mobilisées et très nombreuses… mais c'est pour le PSG et ses sympathiques supporters.

15 H, avec une exactitude quasi royale, nous arrivons sur la Place du Trocadéro où nous attendent les camarades avec café et petits gâteaux. Photos, interviews pour Alberto mais aussi pour Europe 1 et France Culture. Petite déception, les médias colombiens et les agences de presse ne sont pas là et l'assistance est clairsemée… mais nous restons combatifs. Pendant deux heures, nous distribuerons des tracts en discutant avec les passants… et plusieurs colombiens, surpris et touchés viendront nous féliciter de notre engagement et nous encourager à continuer.

Après le repli du matériel, sur la route du retour, nous apprendrons que les FARC annoncent la libération prochaine de six otages " échangeables ", dont les deux derniers civils Alan Jara et Sigifredo Lopez… espérons. Mais si chacune de nos petites et symboliques actions pouvait se terminer d'aussi belle façon, nos vélos n'auraient pas, je pense, le temps de refroidir.